Lundi 15 juin
23,5 km
Depuis hier, j’ai fait la connaissance d’un groupe d’allemands. Un couple et leur amie. Ils ont entre 65 et 70 ans. Très sympathiques. Ce matin, même s’ils sont partis avant moi, nous nous croisons tout au long de la journée lors des pauses…
Ce matin, je décolle de l’auberge vers 9h. Il fait frais. Il y a une légère brume. Le chemin commence tranquillement par un passage dans une jolie forêt. Rapidement, je rejoins la ville suivante. Je marche de longs kilomètres en ville, traverse un estuaire sur un pont. L’étape est assez monotone jusqu’au déjeuner.









Je prends ma pause repas dans un petit bistrot . Il n’y a que des clients locaux. C’est un endroit comme j’aime. La serveuse ne parle ni anglais ni espagnol, alors, on se comprend avec des signes. Assez rapidement, un petit groupe de dames assez âgées (au moins 80 ans) entrent. Comme elles sont trois et qu’il y a beaucoup de monde, l’une d’elles s’assoit à ma table. Elles sont toutes pomponnėes comme un dimanche. L’une d’elle rigole de la situation. Elles ne parlent que le portugais. Difficile de faire la conversation, mais les regards sont bienveillants. Je réussis à leur dire que je suis sur le chemin de Santiago. Jensuis un peu frustrée de ne pas pouvoir échanger davantage. Quand je pars elles me saluent en posant leur main sur mon bras. Je suis très émue. Parfois, les mots ne sont pas indispensables.
La suite du chemin est plus agréable, il passe par la montagne. Mes jambes me portent. Je ne ressens plus la douleur d’hier. Je suis tellement soulagée et heureuse de pouvoir continuer.



Arrivée à l’auberge Casa de Sardao, je tombe immédiatement sous le charme du lieu. Une ancienne ferme rénovée avec plein d’objets vintage. Tout est pensé pour le repos du pèlerin. Je dors dans un dortoir pour femmes. Il y a des gâteaux faits maison, l’extérieur est aménagé pour permettre de profiter de la vue. Il y a à disposition des boissons et de quoi se restaurer en donation en confiance. Les prix sont indiqués, chacun paye dans la petite boîte mise à disposition. Les pèlerins jouent le jeu.





Je discute toute la soirée avec une américaine et une irlandaise autour d’une pizza. Le soleil s’est levé. La soirée est idyllique. Je me sens tellement mieux qu’hier.
Je suis infiniment reconnaissante envers mon corps de me porter sur les chemins !
Que de jolies rencontres tu vis. Je t’accompagne au cours de ton périple et j’imagine ces personnes que tu cites et les émotions ressenties. Tellement rassurée aussi que tes jambes te portent et que tu puisses continuer le chemin !
Content que ces mantras te portent… La puissance du cerveau 😘😍