Mercredi 17 juin
22 kilimetres
La nuit a été mauvaise. Difficile de fermer l’oeil. Trop de promiscuité nuit au repos du pèlerin. En tout cas, c’est mon cas !
A 7h30, je me dirige vers le port. Le ciel est clair. La lumière est incroyable ce matin. Je me dirige vers l’un des bateaux taxi officiel pour traverser la rivière, le Minoh. Le bateau est tout petit. Nous serons 5 pèlerins et un vélo à embarquer. Le fond de la rivière étant tellement ensablé que le ferry ne passe plus depuis la pandémie. En 7 minutes, nous rejoignons l’Espagne.




Le début de l’étape se passe tranquillement. Il y a juste mon téléphone qui a du mal à passer à l’heure espagnole. Il bugue. Au moment de rejoindre la côte, impossible d’ouvrir l’application Gronze qui me permet de voir où je me situe par rapport au chemin. J’arrête de m’acharner et je reprends la route. Sans vraiment faire attention, je suis les pèlerins devant moi. Assez vite, je me retrouve dans des herbes hautes. Je trouve étonnant que le chemin soit si étroit. Je suis toujours mon groupe de trois pèlerins qui passent de rocher en rocher.

Je commence à me dire que ce n’est pas normal et surtout je ne vois aucune signalisation. Je n’ai pas envie de faire demi-tour alors, je continue à les suivre. Je suis la côte donc, ça devrait être bon.
Le passage par les rochers s’avère très compliqué. Ce sont de gros rochers imbriqués les uns dans les autres. Il faut parfois faire un saut pour passer de l’un à l’autre. A un moment, je perds l’équilibre. Mon sac de presque 10 kilos sur le dos ne me facilite pas la tâche. Je perds de la distance avec les pèlerins devant. Je me sens de plus en plus seule et en danger. Quand je pense arriver au bout des rochers, je vois qu’il faut passer au bord d’une falaise pour continuer à avancer. Ça me semble trop dangereux. Je décide de rebrousser chemin. Je ne veux pas me mettre en danger. La décision de faire demi-tour est difficile à prendre car je vais devoir retraverser les rochers. J’ai mal aux jambes de monter et descendre, mais pas le choix. Je prends le temps de bien choisir mon chemin, de trouver les bons appuis et retrouve avec un grand soulagement le chemin officiel. Épuisée mais soulagée.

La suite de la journée se passe plutôt bien. Mes muscles me rappellent qu’ils ont déjà bien bossé. L’étape est belle.





Ce soir pour la première fois, j’ai réservé une chambre individuelle dans un gîte. J’ai de la chance aucun pèlerin n’a loué la deuxième chambre. La petite maison se trouve en hauteur. La vue sur la mer mérite l’effort. A peine arrivée, je prends une douche rapide et m’effondre dans le lit pour n’émerger que deux heures plus tard.
Vers 18h, je redescends dans le bas du village pour aller manger puis me pose sur un banc juste au dessus de la maison pour admirer le coucher de soleil en bonne compagnie. Splendide!



Encore une journée bien remplie…
Dis-donc, ces rochers ce n’était pas un cadeau ! Une journée qui démarre sur un chemin très carrossé, tu as bien fait de faire demi-tour. Les photos et surtout le coucher de soleil, magnifique