Compostelle

J2 (Gwen)

Ce matin, nous avons décidé de commander un taxi pour rejoindre Jaca, tous les trois et rejoindre la maison. Nous déjeunons, profitons de ces derniers moments à l’auberge. Tristes, mais aussi sereins par rapport à cette décision.

Nous allons tranquillement vers la place principale, appelons le taxi. 1 heure d’attente. Le temps de discuter, passer des coups de fil.. Je sens quand même une frustration tant ce que nous a fait vivre Séverine en amont de cette première journée ensemble a été confirmé hier, en le vivant. La soirée d’hier, les premières rencontres.. et ce départ anticipé pour la plus sage des décisions.

Nous en discutons à deux, avec Emmanuelle. Nous faisons ce même constat.  3 minutes plus tard, je fais part à Séverine de notre envie de suivre son chemin… Une grande joie la traverse, inversement à sa tristesse de la veille, devant les douleurs aux chevilles. Nous nous prenons tous dans les bras.

Vers 10 heures, le taxi arrive, nos chemins se séparent pour quelques jours.

L’étape du jour est courte, de Santa cilia de Jaca à Arrès. Nous avançons donc tranquillement. Le début du parcours longe la route, avant de s’éloigner dans les sous-bois. C’est toujours aussi beau et varié. Nous longeons le Rio Aragon, qui donne son nom à cette voie.

Nous arrivons rapidement à proximité de Puenta de la Reina de Jaca, que nous laissons sur notre droite, de l’autre côté du Rio. Un kilomètre plus loin un abri pour pèlerins borde la route. Nous y apercevons Maxime, en pause. Nous passons quelques instants à discuter.

Flash: tiens, nous n’avons pas mangé, il est midi, nous sommes dimanche 😋 Max a trouvé une panaderia à Puenta. Nous discutons d’y aller avec Manue pour trouver un saucisson et du fromage pour notre étape de demain et accessoirement un repas pour ce midi.

Il s’agit d’une panaderia traditionnelle, avec un coin épicerie. On trouve notre bonheur et partageons un peu de charcuterie avec Max qui nous a accompagnés.

Après ce retour sur nos pas, nous reprenons le chemin. Il reste un peu moins de 3 km jusqu’au gîte. Le chemin prend de la hauteur, dans une forme de garrigue. C’est très beau, le panorama surplombe la vallée.

Vers 15h30, nous arrivons dans ce hameau perché sur une bute rocheuse. L’auberge est à l’entrée du village. Nous sommes accueillis par nos deux hôtes et un pèlerin espagnol. Après une bonne douche et une rapide lessive, nous allons boire une mousse au bar restaurant.

C’est un endroit typique, tenu par une famille. Trois générations y œuvrent: les enfants qui jouent, la maman au bar et les grands-parents qui épluchent les asperges, sous le son de la télé qui alterne entre pubs et un reportage anxiogène sur la maladie de lyme et la recrudescence de tiques. Il va falloir être vigilant avec les hautes herbes.

Nous profitons de ce moment pour adapter notre plan et les prochaines étapes. Cela va assez vite. Par contre l’organisation du retour vers la France est beaucoup plus ardue. Entre Rome2Rio, trainline, blablacar, les horaires incompatibles et les prix du train exorbitants sur ce pont de mai, la gymnastique prend une bonne heure d’organisation. Finalement, nous partirons le 14 mai de Izco, après 18 km de marche en taxi vers Pamplona, où il nous reste à réserver un logement. Le lendemain deux bus successifs nous ramèneront à Bordeaux.

Vers 18h, nos hôtes nous proposent une visite du hameau. Ils nous ouvrent l’église du XIème siècle, magnifique, puis une tour qui offre un panorama sur les montagnes et la vallée.

Après la pluie, le vent s’est levé, et la température a chuté. Nous commençons à craindre pour la nuit, car la porte du gîte reste ouverte, et qu’il n’y a pas de chauffage ni de couvertures dans les dortoirs. On espère secrètement une soupe.

À 20 heures, le repas est servi, une belle assiette avec crudités, purée et viande blanche. On se réchauffe un peu. L’ambiance est très joyeuse. Nous sommes une dizaine, moitié espagnols et moitié français. On échange sur les bons plans, les expériences, anecdotes en un mélange cosmopolite d’espagnol, d’anglais et de français. Un patxaran (liqueur de prune) vient clore le repas.

C’est l’heure de dormir… pour quatre d’entre nous, tandis que le reste retourne refaire le monde au bar. Au moment où j’écris ces mots, une battle de ronflements très nourrie bat son plein dans le dortoir… Il va falloir que je retrouve mes bouchons d’oreilles 😬

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Eve
Eve
9 minutes il y a

🤣 Ça me rappelle les refuges de montagne quand j’étais petite…