Vendredi 12 juin
16,5 kilomètres
Je me réveille à 7h. Beaucoup de pèlerins sont déjà en train de s’activer. Je prépare mes affaires, fais bien attention de ne rien oublier. Je regarde une de mes voisines de nuitée faire quelques mouvements de yoga. Ca me rappelle que je m’étais dit que j’en ferais aussi. Mais pour être tout à fait honnête, je n’ai pas envie de me mettre de contrainte. La seule chose que je fais consciencieusement, c’est me masser les chevilles et de mettre de la crème relaxante pour éviter une trop grande fatigue musculaire. Je reprendrai le yoga sûrement plus tard.
Direction le café du coin pour un croissant et un thé. Les habitués sont déjà attablés pour leur café matinal. La télévision est allumée avec la chaîne info en continue. Le défilé d’images de guerre, de catastrophes naturelles, de sport hapent le regard. La langue n’est plus une barrière. Les images parlent d’elles mêmes. Je me sens tellement en dehors de ce flux. Le pèlerinage est aussi l’occasion de sortir de l’hyper connexion au monde et ses malheurs.



Je retrouve l’extérieur avec plaisir et me dirige vers la plage. La première partie du chemin est sur un ponton en bord de mer, comme hier. Il faut être vigilant car certaines planches sont cassées ou certaines vis ressortent. La côte est très similaire à la côte bretonne. De nombreux rochers jalonnent la plage. J’observe les pêcheurs à pied qui cherchent des coques ou des crevettes. L’océan est puissant. On entend les vagues s’écraser sur la plage. Le vent souffle et permet de rafraîchir l’atmosphère. Par moment, je sens les embruns sur mon visage. Nous sommes assez nombreux sur ce chemin. J’ai croisé des américains, des allemands, des danois, des Canadiens mais pas de français encore. J’avoue que je savoure ce temps seule. Je n’ai pas envie de me lier aux autres.







Le chemin s’éloigne un peu de la plage et je découvre un nouveau paysage, plus vert. Pas d’arbre pour se mettre à l’ombre, mais quelques cours d’eau. Par moment, le chant des grenouilles emplit complètement nos oreilles. Les pèlerins s’arrêtent pour écouter, prendre des photos, se poser quelques minutes. Puis je retrouve la ville et ses activités. J’en profite pour visiter un marché. Fruits, légumes, vêtements, articles pour la maison, fleurs, tout y est, même le chanteur de musique portugaise ! Les gens sont très gentils. J’en profite pour acheter des cerises, nectarines et quelques noix et noisettes pour le chemin.





Puis nous retrouvons la côte et ses badauds. Les Portugais s’installent sur les plages avec parasols et paravents. Ils se baignent très peu. Les plus courageux trempent leurs jambes, sinon ils se contentent d’estimer la température de l’eau du bout des orteils. Seuls les enfants se baignent facilement.
A 12h45, je suis déjà arrivée à destination. L’auberge n’ouvre qu’à 14h alors je vais m’offrir un wrap de saumon. L’ombre du parasol est bienvenue. Ca fait du bien de se poser!


Je dors dans une auberge tenue par l’église. Les locaux sont assez vieillots mais les chambres sont propres. Je fais la connaissance d’une brésilienne Irineuma. C’est une amoureuse de l’océan. Nous décidons d’aller à la plage. Elle se baigne, moi je me contente de tremper mes jambes. L’eau froide provoque comme des crampes, mais au bout de quelques minutes le corps s’habitue et on ressent les bienfaits de l’eau. La fatigue musculaire s’envole.



Nous retrouvons l’auberge vers 18h pour un peu de repos et une bonne douche.
Vers 19h15, je sors pour me trouver de quoi manger. J’en profite pour écrire mon article du jour. Vers 20h15, je me dirige vers la plage pour assister au coucher du soleil. Le spectacle est magnifique: des couleurs du rose au bleu en passant par le orange, le bruit des vagues, le paysage..


La journée s’achève avec des images magnifiques plein la tête…
Heureux d’avoir partagé en visio le coucher de soleil avec toi. Un moment plein de Joie, même à distance.