A propos, Pérou

A la découverte du Machu Picchu…

Du 3 au 4 avril 2022

Le Machu Picchu, c’est comme un rêve qui devient réalité. Un rêve tout d’abord impossible, trop loin, trop compliqué, trop cher, puis peu à peu, ce rêve se rapproche jusqu’à pouvoir le toucher. Le site est mythique, il est entouré d’un certain mystère, d’une aura d’inaccessible. Pour nous, le Machu Picchu, c’est un peu le clou du voyage. Impossible de le négliger, sa rencontre se prépare soigneusement. Ça tombe bien, avec Charlotte et Julien, on n’a pas l’intention de passer à côté. On lit pas mal de blogs et on se renseigne sur les différents moyens d’y accéder. Il en existe deux principaux. En partant de Cusco, il y a le train, et le bus. Le train est géré par deux compagnies qui s’accordent sur les prix: entre 60 et 75 euros, l’aller par personne. Il faut compter 5 heures de trajet, le moins cher, c’est un départ vers 4h du matin. Aïe, aïe, aïe! Ça pique en terme de budget, car le prix ne prend pas en compte ni le retour, ni la montée en navette au Machu Picchu, ni l’entrée au parc…

Le bus, collectivo est bien moins cher, mais la route est chaotique et il met plus de 7h à rejoindre, un autre village, Hydro-Eléctrica Les horaires peuvent être aléatoires, et après, c’est 12 kilomètres à pied pour rejoindre Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu… Ça nous semble compliqué à gérer en terme de temps, on ne veut pas marcher de nuit avec les enfants… Ici, la nuit tombe dès 18h.

On fait donc appel à notre cher guide Willy et à sa connaissance du site. Très vite, il nous trouve un minibus, un hôtel sur place, et en plus, il nous accompagne, à un prix deux fois inférieur à celui du train seul. Ce qui n’est pas négligeable du tout quand on voyage au long court! Cette option économique nous demande juste une bonne forme physique car aucune route ne mène à Aguas Calientes. Il faut donc marcher pendant 12 kilomètres le long de la voie ferrée pour atteindre ce petit village au pied du Machu Picchu. A cœur vaillant, rien d’impossible, nous avons fait d’autres randos, on est tous prêts à se dépenser pour mériter notre graal! On fixe rendez vous à 7h du matin le dimanche 3 avril pour le grand départ. Le premier jour, nous effectuerons le trajet aller, le second jour, nous ferons la visite et reviendrons à Cusco par les mêmes moyens. Deux journées bien remplies en somme !

Ça y est, le jour se lève à peine, et nous sommes debout pour le grand jour. Nos potes sont déjà au petit déjeuner, et nous on en est encore à préparer nos sacs. Ah, ah, c’est qu’on est toujours un petit peu sur le fil en terme d’organisation. On ne se refait pas 😁. Les enfants se lèvent péniblement, nous ne prenons que le strict nécessaire, histoire de ne pas être alourdi pour notre longue marche. A 6h, nous prenons place dans le bus, pas de temps à perdre pour éviter les bouchons matinaux. La ville s’éveille sous nos yeux, nous regardons les travailleurs du matin rejoindre leur poste, c’est une vraie fourmilière. Nous mettons tout de même une heure à sortir de cette immense ville en direction de la montagne. La route devient de plus en plus accidentée, des nids de poule, des virages, des nombreux freinages. Pour nos amis ayant le mal du transport, c’est un difficile moment à passer. On s’arrête dans un « café » en bord de route pour se remplir un peu l’estomac, mais le menu local : bouillon de poule, ne va pas remporter tous les suffrages. Seuls Gwen et Elouan optent pour ce choix là. Les autres se contenteront de mais soufflé et autres bananes…

De retour sur la route, on s’accroche et on admire le paysage tout en écoutant de la musique locale. Vive la flûte de pan ! Pour déjeuner, on s’arrête dans un petit restaurant, les touristes semblent avoir déserté les lieux, de nombreux restaurateurs ont baissé les rideaux. On a l’impression d’être seuls au monde. On mange un menu simple, avec soupe en entrée et poulet pour les uns et lomo saltado pour les autres (porc sauté). Pas de dessert, ni de café. Ici au Pérou, on mange peu de desserts, et le café est souvent du café soluble. On reprend rapidement la route, c’est qu’il y a encore plus d’une heure de voyage à travers des sentiers non goudronnés. C’est très folklorique car nous traversons de nombreux torrents qui dévalent la montagne et qui traversent la route pour continuer leur course. Par moment, l’eau est tellement forte que nous sentons monter notre appréhension avant de franchir ces mètres cubes d’eau ! Mais, heureusement tout se passe bien. La route en bus prend fin vers 14h et le bus se gare dans un petit parking à Hydro-Eléctrica, le dernier village accessible en bus avant Aguas Callentes. Nous avons franchi la première étape. Maintenant, nous récupérons nos sacs à dos pour nous mettre en marche vers Aguas calientes, notre lieu de bivouac avant la découverte du Machu Picchu.

Nous montons pendant une quinzaine de minutes pour atteindre la fameuse voie ferrée que nous allons suivre. Aristide est d’accord pour marcher, mais ses petites jambes ne lui permettent pas de suivre le rythme que nous avons pour arriver à destination avant la nuit. Rapidement, je le prend sur mon dos, nous avons d’ailleurs acheté une écharpe de portage pour faciliter son transport pendant ce périple de douze kilomètres. Il fait assez chaud et nous transpirons à grosses goûtes. Le Machu Picchu est au bord de la forêt Amazonienne. Les odeurs sont d’ailleurs bien présentes. Nous sentons des effluves remonter du sol, odeurs de champignons, de fleurs tropicales… On entend aussi le bruit du torrent qui passe lui aussi le long de la voie ferrée.

La pluie ne tarde pas à faire son apparition. Heureusement, nous sommes tous équipés. On enfile nos capes de pluie et on reprend la route. Nous marchons tous vers le même but. Petits et grands dans ce même élan pour découvrir cette merveille du monde tant rêvée. On s’arrête un peu sur le chemin, on croque quelques fruits secs, quelques bananes, on boit et on se remet en route. On rencontre quelques pèlerins qu’on salue au passage, mais on ne s’arrête pas. On continue, malgré la douleur de porter nos sacs, malgré la fatigue qui s’accumule pour les enfants, malgré la pluie et l’humidité. L’objectif est toujours d’arriver avant la nuit noire. Le jour baisse, mais des signes de l’arrivée proche de la ville apparaissent enfin.  Des motos, les premières cabanes. Ça y est, on y est. Il est 17h30, pour être honnête, nous ne sommes pas peu fiers de nous… Plus qu’à nous installer dans nos chambres et poser nos sacs. Nous prenons une douche rapide, bien fraîche 🥶, et nous retrouvons tous pour aller voir le centre ville, acheter les billets pour le bus jusqu’au Machu Picchu, et nous restaurer un peu. Le restaurant dispose pour les enfants de quelques jeux de table. Ils sont ravis de pouvoir jouer encore un peu ensemble ! A 22h, extinction des feux, la journée qui nous attend mérite qu’on se couche tôt…

A 6h, le lendemain on se retrouve pour un petit déjeuner simple, café, pain, confiture et jus de fruits. La pluie est tombée toute la nuit et elle est toujours bien présente. On garde le moral et prenons le bus. Willy nous assure que c’est bon signe, car quand il pleut la nuit, ça s’arrête dans la matinée. Alors on invoque les bonnes grâces de l’univers et on met nos capes de pluie… L’ascension commence sous une pluie battante, mais plus on monte plus elle se calme. Il y a encore peu de touristes à cette heure matinale, on regarde autour de nous, mais pour le moment, il n’y a aucune visibilité. Les nuages nous entourent, mais peu à peu, on sent la lumière percer. Alors, on continue à monter pour arriver au premier belvédère.

Et là, c’est comme un petit miracle qui se produit, comme une mise en scène théâtrale, les nuages se mettent en mouvement et peu à peu, la cité du Machu Picchu apparaît, au milieu d’un écrin de verdure. Les pierres grises sont comme illuminées d’une aura de lumière naissante. Rien que cette première image restera sans nul doute, gravée dans notre esprit. Un lieu hors du temps, en dehors de tout ce qu’on connaît, ce qu’on peut imaginer. C’est une civilisation cachée, protégée de montagnes vertigineuses. Un lieu à part. Alors on prend des photos pour se souvenir, pour épingler ce moment tant attendu. On ne veut pas perdre une seconde. Et les nuages se jouent de nous, en une minute, tout est de nouveau caché, protégé, perdu… Que d’émotions, que de chemin parcouru pour vivre cela !

Les touristes commencent à affluer, il faut avancer, nous assistons alors à une demande en mariage ! C’est qu’il y a encore des romantiques de nos jours… Trêve de blabla, on entre dans la cité. Les vieilles pierres nous entourent, des personnes se chargent de nettoyer à la main la mousse qui les envahissent. Ici, pas de produits, pas de machines, c’est l’ homme qui est chargé de garder ce lieu aussi intact que possible. On suit tout un itinéraire à l’intérieur de la cité inca, on découvre les tours de guets, les greniers pour garder les céréales, les terrasses pour cultiver, les maisons toutes petites, juste des abris pour dormir. Des pierres immenses emboîtées au centimètre près. C’est ce qui est le plus marquant pour moi. Comment ont ils réussis cet exploit, sans machines, sans roue…

Le temps passe, on y resterait bien la journée, mais on doit reprendre le chemin vers notre bus. Alors, on s’emplit de l’atmosphère, des couleurs, des montagnes avant de quitter le lieu. On remonte ensuite dans le bus, un peu rêveur. Il est 11h30, déjà plus de trois heures que nous sommes là. On décide de manger un petit sandwich avant de nous lancer sur le chemin du retour. On a besoin de reprendre des forces pour effectuer ces douze kilomètres. On sait ce qui nous attend, on se met en chemin des images plein la tête, et le pluie s’invite de nouveau à la fête. On est bien heureux d’avoir eu la chance de visiter le Machu Picchu sous de belles éclaircies, l’univers nous a bien entendu. Le long de la voie ferrée, on ne s’arrête quasiment pas et faisons ces kilomètres d’une seule traite. C’est qu’un restaurant nous attend avant de reprendre la route, chacun ses motivations !

La route se déroule sans encombre. On arrive vers 22h à Cusco. Sans encombre malgré nos légères appréhensions car en ce moment, des mouvements de grèves secouent le Pérou. Les manifestants bloquent les grandes routes, alors on se demande comment le chemin retour va se passer. Heureusement, comme nous rentrons de nuit, nous évitons les blocages.

Nous avions prévu de repartir des le 6 avril et reprendre chacun notre route, mais les événements en ont décidé autrement. Pas de bus possible pour retourner à Lima. Les routes étant bloquées, certains bus ayant été incendiés, aucune liaison n’est programmée avant 5 jours. C’est donc un peu forcés que nous changeons nos plans et restons à Cusco. On s’interroge, on a la possibilité de prendre l’avion, et finalement, on décide que cette option est la meilleure pour nous. Les événements sont très incertains au Pérou, on se demande si plutôt que de visiter le nord du Pérou, on ne va pas visiter le nord de la Colombie. La Colombie, c’est notre pays coup de cœur, on a très envie d’y retourner. Alors, on change nos projets, et on y va…

Un test PCR pour les plus de 12 ans, et on prend nos billets d’avion. Triste de dire au revoir à nos amis, mais on sait qu’on va se retrouver en France pour notre plus grand plaisir ! Re-bonjour Colombia !

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3 Commentaires
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Marie-Helene LOPEZ
2 années il y a

Quel courage, bravo à vous tous.
La découverte du Machu Picchu se mérite.
Le bus, la randonnée le long de la voie ferrée, le petit-déjeuner 😕😕😕.
Au plaisir de se revoir à Madrid.
Prenez soin de vous.🥰🥰🥰

Mara
2 années il y a

Félicitations ! Un parcours , une fois de plus mémorable !!! Quel courage !
Nous vous lirons en classe cette semaine car nous reprenons aujourd’hui…
A très vite !
PS Si vous souhaitez nous contacter directement à l’école ou que l’on s’appelle…
Voici le mel de l’école : e.stgermaindelariviere@ac-bordeaux.fr
Nous serons heureux d’avoir un message ou d’échanger avec Marius…
Les Cm2 se rendront bientôt à Verac pour la visite du collège ; Nous préparons secrètement le départ à la retraite de Beatrice (le 31 mai, repas surprise à l’école) avec la venue d’anciens élèves (cela fait 29 ans qu’elle travaille à l’école, dont 24 avec moi)!
A très vite donc,
Cordialement, Fabian

VirginieH
2 années il y a

C’est très impressionnant de vous savoir là bas, près de ce lieu merveilleux. Merci pour ces quelques lignes. Prenez soin de vous.