Ce matin, debout à 6 heures. 19 km nous attendent pour rejoindre Izco, un village dont le seul équipement est un fronton couvert, à deux pas de l’église, mais qui nous permettra de rejoindre en taxi Pamplona.
Tout le dortoir a mis son réveil à la même heure. Ils ont 27 km pour rejoindre l’albergue la plus proche, à Monreal.
Le temps est menaçant. La description d’Indiana Jones de la veille semble se confirmer. Nous longeons une usine, dans un Chemin digne de la jungle, avec beaucoup d’eau. Nous avons les chaussures rapidement mouillées. L’odeur de vieux pet nous chatouille les narines, je sens que nous avons peut être identifié la source du mal. Ça me rappelle les odeurs de l’usine smurfit de Biganos, à côté du Auchan où j’ai eu mon premier poste il y a bientôt 30 ans.
Quelques mètres plus loin, la confirmation tombe l’usine est une cartonnerie… Smurfit 👃



Puis vient la première côte de la journée, plus bucolique. Nous marquons une première pause saucisson fromage après 7 kilomètres.

Le chemin se poursuit à travers des champs de céréales, avant de bifurquer dans une sorte de lande. Les chenilles pullulent, suspendues par un fil depuis les branches. Comme la pluie a commencé à tomber, nous sommes protégés par nos ponchos.
Le chemin devient plus technique. Pour cause, la présence de vaches en liberté. Le troupeau passe rapidement devant nous, et continue de creuser la boue du passage que nous partageons.
Aujourd’hui, notre cerveau est concentré sur les trois, obstacles, pas sur les discussions, on verra plus tard 😬












C’est dur, et on sent que les corps ont accumulé de la fatigue. Probablement aussi l’effet psychologique du dernier jour sur le chemin…
Nous finissons par entrevoir Izco, et nous y appelons un taxi qui nous amène à Pampelune. Il est 15:30, à la douche, puis laisser respirer nos pieds, qui ressemblent à de jeunes sharpeis 🐕. Il faut une chaleur excessive dans la chambre, le chauffage est à fond, ce qui contraste avec la fraîcheur naturelle que nous vivons depuis 6 jours en plein air. Nous sommes crevés et nous nous assoupissons chacun sur notre matelas.
A 17:30, on décide de visiter la ville… 2,5 km nous séparent du centre historique, très vaste de Pamplona. On prend soin d’identifier le point d’arrêt du bus de demain. Le tabac ne sait pas, le pharmacien nous confirme l’emplacement. On gagnera de précieuses minutes de sommeil demain 😋
Les articulations sont faibles, mais on trouve la ressource pour se promener et contempler les églises, remparts, places de la ville, très belle architecturalement.












A 19 heures, le mode avion est enclenché, nos cerveaux sont dans le brouillard. Il est grand temps de trouver des tapas 😋
15 minutes de marche plus tard, nous trouvons notre bonheur et une bonne bière. Le bar se remplit rapidement, le rythme de vie n’est pas le même qu’en France, les tarifs non plus 🍺
Nous discutons de cette expérience exceptionnelle que nous venons de vivre avant le retour du lendemain en bus. C’est une aventure inédite pour moi, de partir sans Séverine. C’est grâce à elle si cela est possible et nous en sommes tous les deux reconnaissants. Cette semaine a permis de mieux nous connaître avec Emmanuelle, qui est mon amie depuis 1993, et nos années d’amphi à l’ISA Lille. Le rythme lent du voyage, que j’apprécie tant, est propice à l’introspection, au ralentissement.
Nos échanges ont été profonds et enthousiasmants, tout comme avec les personnes que nous avons croisées : Maxime, Jean-François, Xavier, Ralph, Connie, … Loin des injonctions de la société, des masques sociaux, des jeux psychologiques… La simplicité, la frugalité, le contact avec la Nature, le chemin est magique !
J’ai hâte de retrouver Séverine et les enfants. Quelle prouesse elle a déjà accomplie ! Nous nous retrouvons à Bordeaux. Joëlle – à qui j’ai peu laissé le choix en la sollicitant pour me permettre de rejoindre Séverine – reprend demain soir l’avion vers le Nord. Finalement, elle aura passé son séjour avec Séverine.
Déjà le retour: 1 bus vers San Sebastian, puis un second vers Bordeaux.. Lundi, après 115 kilomètres, le chemin fait pause, pour le boulot.
Comme un hasard, cette parenthèse tombe idéalement au moment où je construis un accompagnement atypique pour deux dirigeants.. une parenthèse inspirante !
PS: en décomptant nos quelques bières, on arrive à une consommation somme toute très honorable de 3,44 litres aux 100 🍺
Merci Gwen pour ces moments partagés très chaleureux. Ça a été aussi un plaisir de te lire.
Ravie aussi d’avoir aperçu Emmanuelle que je n’avais pas vue depuis…bien avant que j’ai mon fils ainé, c’est peu dire 🙃
Bon retour chez vous et à bientôt de vous voir de visu ou sur votre blog.
Je vous embrasse.