De Cajarc à Saint Jean de Laur
12,73 kilomètres, le mercredi 22 avril.
Total de kilomètres depuis le départ: 50,23
Ce matin, nous avons rassemblé nos affaires tranquillement. Nous étions les derniers à partir. Le petit déjeuner a été vite pris. Quelques tranches de pain, un yaourt et un verre de jus de fruits.
Nous avons fait quelques provisions en ville, pris notre sandwich pour le déjeuner. Puis nous nous sommes promenés un peu. L’étape d’aujourd’hui est toute petite, un peu moins de onze kilomètres de prévu.




Nous apprenons que quelques personnalités ont habité à Cajarc, cette petite ville du Lot : Françoise Sagan, qui y est née, Pompidou et Coluche et son célèbre personnage papi Mougeot ! Nous avons appris tout ça grâce à un sympathique monsieur. Il nous a expliqué tous les personnages célèbres de la ville, dont il a écrit l’histoire dans un livre. C’est étonnant comme les gens parlent facilement aux pèlerins. Il y a une espèce de bienveillance et surtout l’envie d’apporter un peu de quelque chose, du savoir, un peu d’aide ou des conseils.
Nous descendons vers la rivière du Lot et trouvons le chemin. Au début, on longe l’eau et le chemin est très plat. Nos 22 km d’hier nous ont laissé quelques courbatures. Nos épaules sont très tendues à force de porter le sac à dos pendant de longues heures.




Ce répit est de courte durée, très vite, arrivé au barrage, le chemin se met à monter à pic. La montée va durer sur une distance d’environ 7 kilomètres. On n’en voit pas le bout. Nos muscles sont récalcitrants, on sent que la fatigue physique est là pour ce troisième jour de marche. Notre corps commence à se rebeller. Nos jambes sont lourdes, nos mollets brûlent, mais on sait bien que ça va passer. Alors, on se motive, on s’arrête souvent et on se remet en mouvement.
La chaleur est là aussi. Mine de rien, ça rajoute de la difficulté à l’étape. Cette petite étape dévient presque un calvaire. Nous transpirons, nous luttons contre nous même et les kilomètres ne veulent pas défiler.





On arrive à 15h30 alors qu’on imaginait arriver en tout début d’après-midi. Notre nuitée se trouve au gîte le chemin partagé. Et ce gîte porte bien son nom. On dépose nos sacs, nos épaules sont toujours aussi douloureuses. On commande une petite boisson fraîche. On découvre alors notre hôte, Florent, dit Floflo. C’est un personnage très exubérant, qui chante, rit beaucoup et adore blaguer avec les gens. Son sourire et son entrain sont comme un baume sur notre moral un peu en berne après cette journée difficile.
Nous passons une soirée en compagnie d’autres pèlerins. Marie et ses deux enfants de 22 et 25 ans, Jean Luc et Marie Beatrice, une femme extraordinaire. C’est elle qui est désignée pour dire les bénédicités. C’est la première fois qu’on vit ce moment, et cette prière de gratitude nous a apporté beaucoup d’émotions.
Notre hôte a lui-même fait trois fois le chemin de Compostelle. Il nous a partagé quelques anecdotes et surtout les trois questions que se pose un pèlerin :
- Qui suis-je vraiment ?
- Comment accepter qui je suis avec mes qualités et mes défauts ?
- Que vais je en faire quand je rentrerai chez moi ?
Entre-temps, j’ai cherché de nouveaux hébergements après Cahors. Tous les gîtes étaient complets. Le stress de ne pas trouver de gîtes pour la suite du voyage me force à trouver une solution autre que la voie du Puy. Après appel à mon chéri, je décide de tenter d’appeler des gîtes sur la voie d’Arles, pour leur expliquer mon cas et surtout voir s’ils ont des places. Le verdict est sans appel. La voie d’Arles est beaucoup moins fréquentée ! Je décide donc en ce jour de changer de voie dès que j’arrive à Cahors. Cette décision est difficile à prendre, mais j’ai besoin d’être sereine pour vivre au mieux mon chemin…
Les trois questions sont puissantes, un chemin en soi … Une forme d’auto coaching 😜