A propos, Mexique

En route vers Chichen Itza

Vendredi 24 septembre au dimanche 26 septembre.

Kilomètres parcourus: 94

Holà amigos,

Le repos et les médicaments ont enfin eu raison de cette terrible tourista. Tout le monde est maintenant sur pied. Nous avons profité de ces quelques jours supplémentaires pour visiter le musée artisanal et surtout nous nous sommes reposés. Nous voilà donc sur le départ pour Chichen Itza et son site maya incroyable!

Selon le GPS, il nous faut faire 70 kilomètres pour arriver à destination. Impossible en une journée, et aucun village avec hôtel pour dormir entre deux. Donc, notre premier bivouac se profile à l’horizon. On sait que c’est possible, mais ici, ce n’est pas la même chose qu’en France ou en Suède, on ne peut pas monter la tente dans la forêt à l’abri des regards. Il faut un endroit sécurisé. On compte sur les locaux pour nous aider dans ce but! On sait que c’est tout à fait possible car nous avons suivi le blog d’une famille à vélo Bik’on the world, et ils ont toujours trouvé des lieux sûrs où dormir.

Nous partons donc et tout se passe pour le mieux. Nous sommes heureux de retrouver les routes mexicaines. Comme à notre habitude, nous achetons fruits et eau dans des petites tiendas rencontrées sur la route. Malheureusement, nous voilà de nouveau sur le mauvais chemin. il nous fera faire un détour d’un peu plus de 20 kilomètres par rapport à l’itinéraire initial prévu. L’avantage de ce chemin de traverse, c’est qu’il y a peu de circulation et nous croisons des villages mexicains que peu de visiteurs étrangers traversent. On y voit des maisons maisons traditionnelles mayas. Elles sont très petites. avec un toit en chaume. Il y a peu de fenêtres et le sol est en terre battue. Ces maisons sont meublées avec peu de choses, une cuisine sommaire, des chaises et une table et un hamac pour dormir. Dans ces villages, on rencontre aussi beaucoup de chiens dehors, en majorité habitués aux vélos, mais il faut toujours se méfier car certains sont très agressifs. Ici, les gens se déplacent beaucoup en moto, mobylette et en vélo. Sur les motos, on peut trouver les deux parents et les deux enfants, le casque n’est pas toujours porté. Jamais par les enfants. En ce qui concerne les cultures, on voit par-ci par là quelques champs de maïs, mais ce sont de très petites cultures, nous ne croisons aucun champs de culture intensive comme en France. Il y a aussi des champs d’agaves et de palmiers. La terre du Yucatan est calcaire et assez rocheuse.

Par contre, nous voyageons en majorité à travers une forêt très dense. Ce ne sont pas de hauts arbres, mais elle est suffisamment dense pour que nous ne puissions pas voir à travers; la lumière perse à peine. Sur notre chemin vers Chichen Itza, nous avons croisé des vaches, des mygales, des oiseaux très colorés, des serpents écrasés sur la route mais aussi un groupe de vautour d’une quinzaine d’individus en train de dépecer un chien écrasé sur la route. On n’en revenait pas. D’autant plus qu’à vélo, ils ne se sont pas méfiés et ont continué à rogner la carcasse jusqu’à ce qu’on arrive à quelques mètres d’eux. C’était la première fois que nous voyions ce type de charognard. Ils sont très grands et assez impressionnants! On n’a malheureusement pas pu prendre de photos.

Arrivés vers 16h dans la petite ville de Tunkal, après avoir roulé un peu plus de 47 kilomètres, nous passons une petite heure dans un parc pour enfant. Aristide qui passe plus de 5 heures par jour dans sa carriole a besoin de jouer et adore faire du toboggan. Il y a une petite église avec une enceinte fermée. Nous tentons notre chance pour trouver une personne qui accepte de nous accueillir pour la nuit. Mais cette personne nous dirige plutôt vers « el palacio » qui est un peu comme le bureau du sheriff de cette ville. Nous nous présentons donc aux policiers et leur demandons s’ils peuvent nous aider à trouver un lieu ou monter notre tente. Un homme prend le sujet en main et va demander au chef du palacio l’autorisation de monter notre bivouac dans le parking de la gendarmerie qui est immense. Il nous explique que le plus grand danger, c’est la pluie, car la saison des pluie n’est pas terminée, et le parking est couvert. Le sol est en ciment. Les portes sont fermées la nuit. Nous y avons également des toilettes et de l’eau. C’est le grand luxe pour un bivouac!!! On est vraiment très heureux de cette solution. Nous installons immédiatement notre camps et les enfants ont de l’espace pour jouer avant le diner. Malheureusement pour nous parents, la nuit a été très difficile. Aristide va mettre près de trois heures avant de s’endormir d’épuisement en pleurant. La chaleur du béton, le manque d’air dans la tente ne lui permettaient pas de trouver le sommeil malgré la fatigue du voyage. Puis un policier s’est endormi dans son Pickup avec le moteur allumé pour avoir la clim. Le bruit était démultiplié par les murs qui nous entouraient. Puis deux chats se sont affrontés longuement, puis deux hommes qui avaient manifestement fini leur service se sont mis à discuter et à refaire le monde pendant des heures, puis il y avait aussi les cloches de l’église qui sonnaient tous les quarts d’heure toute la nuit! Puis, la personne qui faisait l’entretien du parking la nuit a brossé le sol avec de l’eau pendant ce qui nous a semblé des heures. Bref, nous étions en sécurité mais la vie d’un parking de police la nuit au Mexique est loin d’être tranquille! Les enfants eux ont dormi comme des loirs… No comment!

Quand le réveil a sonné à 6h45, nous avons eu un peu de mal à émerger. Mais, comme il nous restait encore 47 kilomètres à faire, nous n’avons pas trainé. A 9h00 nous étions prêts à reprendre la route.

Ce samedi, nous allons couper la journée de vélo par la visite du grand cenote Xcajun à 22 kilomètres de Tunkal. La route est droite jusque là. Aucun risque de prendre un mauvais chemin. Pas trop de véhicules, tout va bien. Nous sommes rassurés car Marius ne peine plus à suivre, il arrive à tenir la cadence. A 11h30, nous rentrons dans Xcajun, un grand complexe touristique autour de ce magnifique cenote. Nous demandons à rentrer nos vélos dans l’enceinte car toutes nos sacoches sont en place, et il serait très facile de nous dépouiller. Le personnel nous ouvre les portes de la cour intérieure et nous pouvons ainsi profiter de ce lieu incroyable en toute quiétude. Nous passons les magasins attrape touristes et prenons un repas dans un restaurant buffet, bien décidés à aller nous rafraichir avant de reprendre nos 24 kilomètres à parcourir avant Chichen Itza. Le cenote est impressionnant, l’eau est limpide, les parois sont recouvertes de végétation: des fougères, des arbres avec des racines descendant sur plusieurs dizaines de mètres le long de la paroi. Des poissons dans l’eau et une petite cascade complètent ce lieu paradisiaque. Il est déjà 14h quand nous plongeons dans cette eau à 25 degrés, le frisson de la différence de température entre l’eau et l’extérieur passe rapidement pour laisser place à un moment de relaxation infini. La pensée d’être si loin de notre pays natal, de vivre ce moment extraordinaire rend cette expérience encore plus savoureuse. En plus, la plupart des touristes sont déjà repartis vers d’autres lieux à découvrir et nous ne sommes plus qu’une dizaine à nous baigner. Aristide est ravi de nager avec nous, Elouan, Léopold et Marius explorent les profondeurs avec leur masque de plongée, ils passent leur temps à plonger, nager, chasser les poissons. Ici, on est au paradis! L’heure du départ arrive trop vite.

A 15h15, nous remontons vers le vestiaires pour nous habiller et reprendre la route. Malheureusement, c’est la douche froide car Gwen se rend compte qu’il n’a plus son portable. On ne sait pas s’il l’a perdu ou alors, si c’est un pickpocket qui l’a pris. Et il nous reste 24 kilomètres à faire pour arriver à Chichen Itza. Gwen a retourné ciel et terre pendant 45 minutes. Tout le personnel du Cenote cherche le portable mais il reste introuvable. Pendant ce temps, j’attends avec les enfants derrière le marché artisanal. Vers 16h, l’orage gronde et une pluie battante se met à tomber. Les derniers touristes partent en bus. Il ne reste que nous. Impossible de partir sous ce déluge. Nous parlons beaucoup avec les gens du cenote. Ils sont très enthousiaste pour notre périple. Ils nous assurent que s’ils retrouvent le portable, ils nous appellent. Au bout d’une heure enfin, la pluie commence à se calmer. Il est 17h passé quand nous reprenons nos vélos le cœur inquiet d’avoir perdu un portable et de rouler aussi tardivement sur les routes. Ici la nuit tombe vite, à 18h30, le soleil se couche. Il est 17h20 (en général, on fait 11km par heure). Rouler de nuit est très stressant et assez dangereux.
Nous nous mettons en route sans tarder et gardons une cadence bien plus élevée que d’habitude. Nous ne faisons qu’une pause. Les enfants suivent sans râler. On a mis des lumières clignotantes à l’avant et à l’arrière du convoi. La pluie continuent à tomber mais beaucoup moins fort. Vers 18h45, nos lumières de vélo s’éteignent, l’une après l’autre, plus de batterie, il nous reste encore un peu moins de 5 kilomètres à parcourir. Nous avons uniquement nos vestes jaunes pour nous signaler aux conducteurs. Heureusement, nous arrivons sains et sauf à 19h. Nous qui nous étions juré qu’on ne roulerait jamais de nuit…

Bref, à ce moment là, on pense que nous ne reverrons jamais ce portable. On dîne et Gwen cherche à le localiser. Il appelle son téléphone toutes les 5 minutes. Il envoie des messages via android findme pour essayer de contacter celui qui le détient et expliquer qu’il ne peut rien en faire et que nous nous en avons besoin pour notre voyage. Il reste encore pas mal de batterie, il faut agir avant qu’il ne s’éteigne. Gwen ne lâche pas. Il réussit finalement à le localiser dans un village pas très loin de notre hôtel. Le lendemain matin, il continue à déclencher la sonnerie à distance… Elle cesse au bout de 5 secondes, ça veut bien dire que quelqu’un l’a en main. Le portable a de nouveau bougé et se trouve dans un marché artisanal à une trentaine de kilomètres de notre hôtel. Il propose une récompense s’il récupère le téléphone, toujours pas de réaction. Puis, il écrit qu’il voit où le téléphone se trouve et qu’il va se rendre à la police. Ça provoque manifestement un déclic. Dans les 5 minutes, le numéro de téléphone de Gwen s’affiche sur le mien et une personne nous dit qu’il l’a retrouvé la veille au restaurant du cenote. Il vient à notre hôtel, avec son fils nous le rendre une demi heure plus tard. C’ est juste miraculeux. Nous n’en revenons pas! Nous avons remercié St Antoine, nos petits anges gardiens et tous les Dieux de l’univers 🙏🙏🙏. Et bien sûr la ténacité sans faille de Gwen!

Nous voilà donc prêt et en forme pour partir à la découverte des pyramides de Chichen Itza, et avec le sentiment d’avoir surmonté avec succès un sacré challenge…

La suite au prochain numéro!

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Top Marie
9 mois il y a

Coucou les amis, que d aventures !!! Entre les bivouacs et les téléphones oubliés et bien vous en aurez à raconter à vos petits enfants !! Bisous à tous !!!

Fred
9 mois il y a

Grâce à vous ce matin j’ai pris mon petit déjeuner au Mexique !! J’ai découvert ce que sont les cenotes, bref vous l’aurez compris tout le monde en profite 😊
Bravo pour votre ténacité, heureux que vous ayez retrouvé ce portable. Profitez et nous on vous suit
Fred

Administrateur
9 mois il y a
Répondre à  Fred

Merci Fred, l’aventure est quotidienne, avec son adaptation permanente… Des compétences de plus pour tous !
De belles rencontres, de superbes paysages, des défis… Il ne manque rien, à part peut être un bon fromage, un petit rouge et des amis en terrasse 😍

Mara
9 mois il y a

😱😱😱Plus assez d’émoticones pour dire notre étonnement !!!! Nous vous enverrons des photos de nos vendanges chez Jean Bordeille et de notre sortie à Bordeaux sur le Padlet…
Courage et continuez à nous faire vivre vos merveilleuses aventures !
Et au passage, les Cazares vous envoient le bonjour…;-)

Administrateur
9 mois il y a
Répondre à  Mara

Bonjour Fabian,
Aujourd’hui gros challenge avec 60 km !
Merci pour les encouragements !
Peux tu (j’ose le tu 😋) nous renvoyer le lien padlet car on n’y a pas accès.
Bonjour à toute la classe !
Gwendal et les Marrec

Fran Cois
9 mois il y a

OU-AH-OU ! Mais que diable allez t’il faire dans cette galère ! Molière revisité à la sauce Marrec. La ténacité, la persévérance, la résilience et des pétages de roules sont autant de valeurs que vous portez dans votre projet. Sans parler de Gwen qui fond à vue d’œil sur les photos ! Portez-vous bien et prenez soin de vous. Une bisette à chacun d’entre vous.

Administrateur
9 mois il y a
Répondre à  Fran Cois

Merci pour cette jolie prose !
Nous avons un pari en cours et je ne lâche rien alors j’attends tes photos Amigo 😋
Bisettes également!
Aujourd’hui challenge 60 km avant la piscine 😜

Luna sigrid
9 mois il y a

Quelle émotion de vous lire mes amis que de péripéties. Je suis heureuse et persuadée que de doux anges vous accompagnent la région du Yucatan est fabuleuse nous y avions visité les pyramides et cenotes, une terre vibrante pleine de mystère. Grosees bises on pense a vous 🙏😘🌞

Votre caviste😁🍹🍷🥰
9 mois il y a

Génial comme à chaque page🥰. Ravie de lire que tout le monde est sur pied 🥰 (mon petit chéri grandit à vue d’œil😳) On se régale, on frissonne, on transpire, on a même peur avec vous(beurk la mygale😱😂). Dans l’article précédent St Antoine était déjà là , l’aventure doit lui plaire il a du vous suivre 🙏🥰. Merci du fond du cœur pour le partage de cette belle expérience 🙏❤️
😘😘😘😘😘😘

Aude et Guillaume
9 mois il y a

Coucou les amis, vos aventures sont incroyables et nous tiennent en haleine !! Tellement loin de notre quotidien…. Merci de nous les faire partager, on vous suit et on pense très fort à vous😘

Administrateur
9 mois il y a
Répondre à  Aude et Guillaume

Hello les amigos
L’aventure se poursuit, chaque jour avec ses surprises 😋
On en profite un max et on alterne entre défis sportifs et pauses méritées. 65 km avant hier, 50 aujourd’hui dans un véritable sauna. Puis une semaine au bord des caraïbes à Tulum avant d’aller vers le sud et le Guatemala.
Bises de nous 6