A propos, logistique, Mexique

Fin d’un cycle, quand la question se pose…

Nos deux semaines à Tulum s’achèvent sur une note plus légère. La main de Gwen reprend des couleurs plus singulières, et surtout le gonflement a bien diminué. Pour le moment, pas de baignade, mais, la plage nous appelle et les enfants ont trop envie d’explorer les fonds marins pour se contenter de la piscine.

Notre appartement airbnb nous permet de limiter les dépenses. Nous bénéficions d’une piscine dans la résidence, mais surtout d’une cuisine. Une cuisine, c’est la possibilité de manger à moindre frais. Mine de rien pour six, l’économie est importante. Nous avons le plaisir de nous faire des petits plats européens. Des pâtes carbonara, des pates bolognaises, des petits plats simples, mais qui nous manquent un peu. Voilà quasiment trois mois que nous avons entamé notre périple!

Trois mois à vélo, un sacré défi. Ici au Mexique, ce défi commence à nous interroger. Nous avons eu quelques pépins de santé depuis un mois et demi et nous sommes loin d’avoir avancé comme nous l’avions imaginé. Beaucoup de cyclistes prennent des bus pour parcourir de longues distances. Pour nous, ce n’est pas si simple. Il faut trouver un bus qui a des soutes suffisamment grandes pour contenir nos 5 vélos, notre carriole et nos sacoches. Ca représente beaucoup d’espace, et surtout encore une fois, une grande logistique. Réserver, discuter avec le chauffeur, arriver assez en avance pour espérer que nos vélos puissent être chargés… Toutes ces incertitudes nous pèsent de plus en plus.

Difficile à la longue de ne pas savoir où nous allons dormir quand nous faisons de longues distances, difficile de partir sans savoir si nous aurons un lieu sécurisé pour dormir, si nous allons trouver un village pour nous restaurer ou acheter de la nourriture. Aristide, du haut de ses deux ans a beaucoup de mal à dormir en tente surtout quand la température reste élevée la nuit. A l’intérieur des terres, il y a bien moins d’hôtels que sur la côte. Or comme nous sommes à Tulum, pas très loin de Cancun, si nous voulons prendre la décision de continuer notre aventure en bus plutôt qu’en vélo nous sommes au bon endroit. Mais, si tout était simple, ça se saurait! On fait des devis, on appelle pour se renseigner mais l’envoi de colis hors gabarit représente un défi. Les géants de la logistique nous proposent un prix de plus de 7000 euros pour retourner nos vélos en France. Un prix exorbitant, et impensable.

Nous aimerions trouver un moyen d’envoyer nos vélos par cargo. Gwen contacte les entreprises qui s’en occupent, mais notre demande en dehors de ce qu’ils font habituellement, c’est à dire transférer des véhicules ou effectuer des déménagements transcontinentaux, ne les intéresse nullement. Il ne font pas des vélos, ni d’envoi de colis hors gabarit par fret maritime pour les particuliers. Difficile d’avoir au téléphone la bonne personne, et aucune réponse à nos mails. Ce qui nous semblait simple s’avère très compliqué. Nous décidons de continuer à remonter vers Cancun en croisant les doigts pour que d’ici là une solution se présente à nous. Quelques jours plus tard, nous avons une fausse joie. Gwen parvient à avoir un devis en donnant les coordonnées de son entreprise. Tout semble enfin s’ouvrir. Quel soulagement… Mais, deux jours plus tard, c’est la douche froide. Il faut les coordonnées d’une entreprise mexicaine et non française. Le projet de renvoi de nos vélos tombe une nouvelle fois à l’eau!

Les 130 kilomètres de route qui mènent de Tulum à Cancun se font par voie rapide. Nous roulons sur l’équivalent de la bande d’arrêt d’urgence. Nous décidons donc de faire de petites étapes de 35 à 40 kilomètres chacune pour nous permettre de profiter de la côte caraïbe.

Première étape Akumal, une réserve naturelle qui abrite des tortues marines. Nous restons ici une journée pour profiter du lieu mais le commerce fait autour de ces tortues nous dérange. Nous décidons donc, après avoir pris nos renseignements auprès des propriétaires de l’hôtel de nous rendre à Chemuyil, un petit village à 7 kilomètres à vélo. C’est un lieu peu fréquenté par les touristes. Avec leurs masques et tubas, les enfants y découvrent plein de poissons ( des poissons chirurgiens, des coffres moutons, un mérou, une raie, des oursins, dont Elouan d’ailleurs fait les frais, cinq épines se sont enfoncées dans son doigt). La mer est d’une couleur incroyable, le sable très blanc, on se croit comme dans une carte postale. Pas de tortues, mais des souvenirs plein les yeux…

Le lendemain direction la Play del Carmen. La route est très fréquentée, assez stressante, très bruyante, on ne fera donc que 38 kilomètres dans la journée. Nous y restons aussi une journée supplémentaire pour découvrir les plages. Le temps est à l’orage, le ciel est chargé de nuages gris, le vent souffle. La mer prend alors une couleur gris-bleu foncé. Les algues ont envahi la côte poussées par le vent. L’odeur malheureusement n’est pas très agréable. Nous passons la journée sur la plage. Les enfants s’amusent à créer un barrage entre l’eau qui déborde du Cenote de la plage pour rejoindre la mer. Nous parents profitons de notre chance et notre bonheur de nous trouver dans ce lieu hors du temps et hors de notre quotidien français. En ce moment, nous nous sentons nous aussi entre deux eaux. Notre projet de voyage à vélo nous tient à cœur mais ces trois mois nous ont aussi montré nos limites à gérer cette logistique. Nous sentons au fond de nous, que notre voyage doit aussi être un moment de lâcher-prise. Nous n’y parvenons pas. Sur la route, en vélo il faut une ultra-vigilance pour éviter l’accident ou des écarts malencontreux, arrivé sur place, trouver des endroits pour garder nos cinq vélos plus la carriole, tout décharger, trouver de la nourriture, tout remettre au bon endroit dans nos différentes sacoches, tout contrôler… Nous déchargeons nos batteries au lieu de les recharger. D’un autre côté, nous sommes malheureux d’abandonner notre projet initial, nous n’avons toujours pas de solution. Nous appelons alors Julia, notre ancienne jeune fille au pair, qui s’est occupée des enfants pendant un an lorsque j’ai fait mon année de titularisation. Elle nous apporte à ce moment là une solution à laquelle on n’espérait croire. Elle peut garder nos vélos dans son lieu de travail en Colombie. Je crois que nous en avons presque pleuré de soulagement. Nous y laisserons nos vélos pendant les mois de découverte de l’Amérique du Sud puis nous repasserons par la Colombie avant de rentrer en France.

Dernière étape avant Cancun, Puerto Morelos. Ici, nous nous sentons bien. Nous avons trouvé un hôtel en bord de mer. Seule une piscine nous sépare de la plage. Les enfants peuvent aller se baigner et faire du snorkeling en toute autonomie, nous sommes un peu à l’écart des touristes. La haute saison débute et il y a de plus en plus de monde dans le yucatan. Nous n’avons malheureusement pas de cuisine, alors on se débrouille comme on peut. On achète du pain et des céréales pour le petit déjeuner, et des sandwichs et des crudités pour le soir. On s’accorde un restaurant par jour, au menu ce sont surtout des plats américains, hamburgers et nuggets. Dans les restaurants peu de légumes et de fruits. Mais ce n’est pas le plus important, le lieu est magique. On décide d’y rester quelques jours. Malheureusement, trois d’entre nous tombent de nouveau malade et la turista ne nous épargne pas malgré nos 7 semaines au Mexique. Impossible de reprendre nos vélos dans cet état. Nous prolongeons notre séjour pendant une semaine. Entre temps, nous avons fait connaissance d’une famille française (petit coucou à Maud et Benjamen) partie en voyage d’une année avec leurs deux enfants. Nous sommes toujours heureux de partager nos expériences et nos impressions avec d’autres voyageurs. Peut-être nous retrouverons nous au grès de nos pérégrination?

A Puerto Morelos, nous faisons également une sortie en bateau avec un pêcheur pour explorer la barrière de corail. Notre rendez vous est à sept heure du matin. Nous décidons de nous rendre sur la plage à 6h30 pour assister par la même occasion au lever du soleil. Nous sommes hypnotisés et émerveillés par les couleurs et l’atmosphère paisible de ce moment. Nous prenons ensuite le bateau pour la barrière de corail, à peine quelques minutes suffisent. Nous avons tous un gilet de sauvetage, même Aristide. Nous découvrons sous l’eau des merveilles, des rascasses volantes, des raies, des poissons multicolores, des anémones, des crabes, un murène verte géante! Aristide tient le coup dans l’eau une heure, mais l’heure matinale de son lever et la fatigue ont raison de son amour pour le barbotage. Je retourne avec lui au bateau en attendant que nos explorateurs marins aient fini de se repaitre de leurs découvertes. Cette sortie restera pour nous tous un souvenir impérissable!

Puis, nous reprenons nos vélos pour faire notre dernière étape avec ce mode de transport sur ce continent. Nous nous sentons émus de faire ces quelques heures en slow travel. Nous savourons même si la route est bruyante, même si le mal de ventre nous a ôté un peu de nos forces, même si la température avoisine les 38 degrés. Maintenant que nous sommes à Cancun, notre premier objectif est de trouver les cartons pour emballer nos vélos et trouver un vol pour Bogota. C’est chose faite dès le lendemain. Après la visite à trois magasins de vélo, Gwen trouve la bonne personne. Pour éviter de transporter les cartons, il nous propose même de livrer les sept cartons à notre résidence airbnb. Génial, ça nous évite de parcourir un peu moins d’un kilomètre à pied chargés comme des baudets.

Jeu de dominos…

Il nous reste donc 2 jours maintenant pour visiter Cancun et emballer notre matériel pour notre prochaine destination…

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Top Marie
8 mois il y a

Coucou, Je pense que c’est une bonne idée !! A bientôt !!

8 mois il y a

Bonjour et bravo la belle équipe audacieuse , merci de nous partager ces belles pages d’écriture qui raconte une magnifique histoire portée par un fort élan familial. Bonne route les enfants et les parents.
Montaigne dans ses Essais disait que « Les voyages forment la jeunesse ». Dans votre aventure familiale, votre jeunesse transforme le voyage en un horizon sans fin de découvertes qui éclairent votre chemin. A bientôt pour retrouver votre écriture.
James et Lisbeth, ainsi que les groupes Plato Sarlat et Bergerac

Administrateur
7 mois il y a
Répondre à  James Chatenoud

Bonjour James et Lisbeth,
Merci pour votre message plein de sagesse et de positif. Nous avons rejoint Bogotá et entamons un nouveau mode de découverte en sacs à dos. A nous la région du café, puis Medellin, le pacifique, Carthagene des Indes…
A bientôt
Les Marrec

Fabian Mara
8 mois il y a

Sage décision bien que crève cœur !
Une nouvelle expérience commence, un autre voyage !!!
On en attend le récit !
Peut être parviendrons nous à vous appeler de nouveau ?
La bise aux garçons !

Ludivine
8 mois il y a

Magnifiques photos !!! Quel plaisir de vous lire, et que de péripéties …
Prenez soin de vous ❤️

Votre caviste🍷🍻🍹🥰
8 mois il y a

Quel plaisir de vous lire 🙏🥰bon ok je commençais à m’inquiéter (Gaetan ne m’appelle pas Spielberg pour rien🤣)heureuse que tout le monde se porte bien (la main, les intestins…😜)
Félicitations pour le 1er chapitre de ce beau livre, même si on sent que le cœur est lourd 👏👏👏👏(chapitre 1 la famille Marrec à vélo 🤔) aventure incroyable, photos, péripéties on a vibré avec vous💪Passons désormais au 2nd chapitre (la famille Marrec en bus) j’ai déjà hâte de lire les prochaines pages!
Pour ce 1er trimestre vous avez les félicitations du jury👏👏💪😂
Continuez de nous faire rêver et voyager🥰merci pour ce partage🙏 Rendez vous en Colombie 🇨🇴
Bon voyage bisous à vous 6😘😘😘😘😘😘

Marie-Helene LOPEZ
8 mois il y a

Bonjour ou Bonsoir les amis.
Bravo pour votre persévérance, continuer de visiter en bus est une bonne initiative.
Moments magiques lorsque vous embarquez avec le pêcheur, les poissons sont magnifiques, les paysages grandioses.
Bon vol et bon arrivée en Amérique du Sud
Joyeux anniversaire à mon ami Séverine que j’embrasse très très fort.🍾🍾🍾🎁🎁🎁🎊🎊🎊🥂🥂🥂🥂
Bisous.🥰
Marie