A propos, Mexique

Tulum, on s’en souviendra!

J 69 À 76… voire plus (lisez jusqu’au bout … suspense)

Nombre de kilomètres 120

Total parcouru en vélo 1214 km

Coba et ses crocodiles nous ont séduit. Difficile de rester indifférent à ce type de rencontre, surtout quand elles ne sont pas préméditées!

Nous partons donc pour Tulum et son trajet de 50 kilomètres à parcourir. Sur le chemin, aucune mauvaise surprise, nous pédalons au rythme d’une playlist de Jean Jacques Goldman. Les enfants ne sont pas forcément aussi fans que nous, mais notre enthousiasme finit par les contaminer. Pas de village, juste une longue et interminable ligne droite. Pas de mygale aujourd’hui mais des sauterelles géantes aux ailes rouges. Pas de crevaison non plus, ouf!

A 11h45, nous avons déjà parcouru la moitié de notre trajet. Il nous semble voir un restaurant sur la route. Aucun village à l’horizon. Nous nous arrêtons sur le parking pour nous concerter. Un gros pick-up s’arrête et son conducteur nous interpelle et nous pose plein de questions sur notre voyage. Nous lui disons alors que nous cherchons de quoi nous restaurer et il fait alors demi tour et nous demande de le suivre. Il nous ouvre les portes de cet espace clos derrière une grande palissade. Il s’agit en fait du patron des lieux. C’est un éco-lieu, une réserve magnifique au milieu de laquelle il y a un hôtel, des piscines, des espèces préservées de la jungle. Le restaurant ouvre à midi et demi, mais le patron nous invite à visiter et même à utiliser la piscine, si nous le souhaitons… Nous sommes étonnés qu’une telle merveille se trouve en bord de route, à l’abri des regards, sans publicité aucune. Nous avons l’impression d’être dans un autre univers. Les enfants partent à la découverte des petites bestioles du coin et des plantes que nous connaissons comme plante d’intérieur. Ici, elles sont cinq fois plus grandes, beaucoup plus colorées et elles semblent pouvoir pousser à l’infini. Il y a même un petit espace jeu pour Aristide. Tout le monde est ravi de cette pause inespérée loin du bruit et de la chaleur de la route. En outre, nous bénéficions de l’ombre bienvenue et du micro climat des arbres et des grandes plantes.

45 minutes plus tard, nous passons commande et nous régalons d’un repas typique de la région. Cerise sur le gâteau, Marius et moi bénéficions d’une leçon particulière pour apprendre la confection de tortillas. Crêpes de maïs typiques du Mexique, élaborées à la main, de manière traditionnelle et cuites sur une plaque en fonte, sur un feu de bois. Le tour de main est impressionnant!

Nous repartons, plein de force et ravis de cette pause imprévue.

Nous arrivons à Tulum vers 17h et prenons possession de notre appartement airbnb. Nous y restons une semaine.  Tulum est une grande ville balnéaire. Des touristes affluent des USA et d’Europe. C’est un haut lieu de fêtes étudiantes, de plages paradisiaques, de cafés et de bars branchés. Pour être tout à fait honnête, nous nous sentons un peu perdus au milieu de cette vie trépidante et loin de notre quotidien de cycliste au long cours. Heureusement, nous logeons dans une résidence à l’écart de cette fête permanente. Nous sommes étonnés de voir des pharmacies à tous les coins de rue délivrer toutes sortes de médicaments sans ordonnance comme des anti-inflammatoires très puissants, des hormones de croissance, des antibiotiques, des drogues diverses. Ici tout se vend. Il y a aussi un énorme marché autour des tests anti-covid, pour permettre aux touristes de rentrer chez eux en avion. Le prix pour un test PCR est de 100 dollars. Un marché très lucratif!

Première heure, le lendemain matin, nous prenons nos vélos pour nous rendre à la plage à 4 km de là. La mer des caraïbes nous appelle. Le sable blanc est si fin qu’il est doux sous nos pieds, la mer est d’un bleu vert transparent. Pas l’ombre d’une hésitation pour y rentrer. Elle est à température idéale! On a choisi une plage un peu reculée, ici ce sont les mexicains qui se baignent. Savez vous qu’ils se baignent habillés? Les femmes se baignent en robe ou en legging, les hommes avec leur short et leur t-shirt. Est ce une façon de se protéger du soleil? Ou est ce par pudeur? Nous nous sommes rendus compte qu’ici les hommes ne se mettent pas beaucoup torse nu. La culture mexicaine n’est pas aussi exhibitionniste que nous dans nos sociétés occidentales.

Ici, il n’y a pas de goélands bruyants comme sur les côtes bretonnes mais beaucoup de pélicans, des frégates, et autres oiseaux blancs qui ressemblent beaucoup à des petites mouettes. Nous restons hypnotisés par le vol et les plongeons successifs des pélicans pour pêcher leurs poissons. C’est un balai sans fin. Sur cette plage, pas beaucoup de coquillages, mais pas mal de rochers, des étoiles de mer, des éponges, des petits poissons multicolores. Nous sommes chanceux car cette plage est assez épargnée par les sargasses. Algues vertes qui pullulent depuis quelques années par périodes dans la mer des caraïbes. C’est une algue qui, quand elle se trouve en trop grande quantité, donne une couleur marron à la mer, et le problème principal c’est l’odeur qui s’en dégage quand elle se décompose sur le sable. On la trouve par tas, un peu partout le long des côtes…

Session de plongeons

Notre arrêt d’une semaine est motivé par l’apprentissage de la « propreté » pour Aristide. Il va bientôt avoir 2 ans et demi et nous le sentons prêt pour cette nouvelle grande étape. Jusqu’à présent, nos périgrinations perpétuelles n’ont pas facilité les choses. Ici Aristide semble ravi de rentrer dans la cour des grands et quitter ses couches ! Nous avons bien fait de lui laisser du temps… Tout le monde y gagne.

Historiquement parlant, Tulum est l’emplacement d’une grande cité Maya en bord de mer. Les mayas qui y vivaient utilisaient des bateaux pour faire du commerce avec d’autres cités de la côte,du Belize juqu’au Guatemala. Nous visitons les ruines de cette ancienne ville assez bien conservées. Ici pas de hautes pyramides mais un grand château consacré au dieu du vent. Des rues et les fondations des maisons qui à l’époque étaient bâties en bois et en toit de palme. La pierre de construction est très différente de celle de Chichen Itza. Plus blanche… Les constructions sont très différentes. Chaque cité avait ses spécificités. Ici, encore une fois, on y trouve des iguanes de toutes tailles. Les plus impressionnants sont les mâles. Bien plus gros que les femelles. D’ailleurs pour différencier mâles et femelles, il suffit de regarder le haut du dos et la tête. Si ils sont ornés d’une crête, c’est un mâle 🦎

Grâce à l’œil affûté de nos explorateurs en herbe, nous croisons aussi le chemin d’une colonie de coatis ou ratons laveurs Mexicains. Il semble qu’ils soient au moins une vingtaine d’individus à résider aux abords des ruines de Tulum. Ces mammifères carnivores sont assez nombreux en Amérique centrale, Amérique du Sud et Mexique. Ils peuvent être agressifs, mieux vaut garder ses distances.

Notre semaine s’écoule lentement. Un soir, nous testons une autre plage publique à quelques kilomètres de la première en fin d’après midi. Les bateaux de pêche rentrent et des pêcheurs nettoient les poissons dès l’accostage. Le spectacle est magnifique. Les frégates, habituées à se régaler des entrailles des poissons se mettent à planer dans le ciel juste au dessus de nous. Puis à tour de rôle plongent pour récupérer leur pitance quotidienne. La vie de la plage s’arrête pour assister à ce balai harmonieux. Les touristes, les locaux, les serveurs des bars… Seul le mouvement des oiseaux rythme ces quelques minutes hors du temps.

Le bal des Frégates

Nous avons aussi fait notre première vidéo avec la classe de CM1-CM2 de M. Mara. La classe de Marius qui est en Gironde à Saint Germain de la Rivière. Les élèves avaient préparé plein de questions et nous avons été impressionnés par leur implication et leur engagement. Cet échange a été très chaleureux et très riche. Marius et Léopold étaient ravis de partager leur expérience avec eux… Nous avons vraiment besoin de ces échanges, et ces connexions. Bravo à Fabian Mara pour nous permettre de partager nos découvertes et nos aventures. C’est un temps fort de notre voyage!

Visio avec la classe de Fabian Mara

Malheureusement, notre semaine à Tulum nous voit vivre un moment compliqué. Gwen développe une grosse infection de la main qui s’étend rapidement dans le poignet, puis l’avant bras. Il consulte dès que la main commence à gonfler un premier médecin de la croix rouge qui lui prescrit une crème anti-inflammatoire, type corticoïde, et lui dit que c’est une allergie. Il doit mettre la crème et revenir dans une semaine si ça n’a pas désenflé. Nous sommes un peu sceptiques, mais lui faisons confiance. Le soir même, la main continue de gonfler inexorablement. Le lendemain matin, le gonflement est bien plus important, et descend vers le poignet. Gwen se rend aux urgences de l’hôpital, qui est un petit local qui ressemble à un cabinet de consultation lambda. Il voit un médecin qui lui prescrit un antibiotique. En parallèle, il appelle notre assurance santé Chapka. Il obtient rapidement un rdv avec un médecin francophone. En voyant sa main, lui confirme que ce n’est pas à prendre à la légère, et surtout il doit rester sous surveillance. Il prend pendant une journée ses antibiotiques, mais la main est de plus en plus gonflée et le gonflement arrive au milieu de l’avant bras. Nouvelle consultation chapka, le médecin alerte sur le fait que l’antibiotique devrait avoir désamorcé le gonflement. Le médecin craint une septicémie. Gwen repart aux urgences. Le médecin lui prescrit un autre antibiotique. Une infirmière fait un gros nettoyage, presse la main et fait sortir du pus (désolée pour les détails gores…) Le soir, la fièvre commence à monter. Nous sommes très inquiets. Rien ne semble fonctionner. Les médecins de chapka rappellent pour demander des nouvelles et elles ne sont pas terribles. Le deuxième antibiotique n’est pas non plus efficace. En plus, nous devons rendre l’appartement que nous avions pour cette semaine. Nous en réservons un autre. Sur l’annonce, il est indiqué qu’il se situe à côté de l’hôpital. Or quand nous recevons l’adresse, il y a mensonge. En fait, l’appartement est à 9 kilomètres de l’hôpital. Impossible, vu la situation. La tuile! Il est 11h30, on ne peut pas partir s’installer, Gwen ne peut pas aller en consultation. Il faut d’abord que nos affaires soient en place. Heureusement, la plateforme airbnb est très compréhensive, nous rembourse la location de l’appartement réservé. Nous nous installons à l’ombre, sur la terrasse d’un restaurant pour nous poser et trouver un logement avec cuisine près de l’hôpital. C’est chose faite, en une heure. Gwen a de la fièvre, nous devons avancer. Nous avons 2 kilomètres à faire. Douloureux pour sa main, mais indispensable. Mon homme est très courageux. Nous mettons quelques minutes à trouver le bâtiment de notre location, ici les adresses sont approximatives. Gwen n’en peut plus, il est urgent de faire quelque chose.

Entre temps, un des médecin référent de notre assurance, spécialiste en infectiologie insiste pour aller plus loin dans le traitement et passer aux antibiotiques en intraveineuse. Il demande une hospitalisation et un drainage pour stopper cette infection. Gwen repart aux urgences avec ce message et demande à ce que ce problème soit enfin traité avec sérieux. Le médecin prend conseil auprès d’un de ses collègues et il lance enfin les hostilités! On lui pose une intraveineuse et injecte une ampoule d’antibiotique à large spectre. Nous sommes dimanche, le chirurgien ne travaille pas. RDV le lendemain pour voir s’il faut drainer ou non la main.

Aujourd’hui, le lendemain matin, la main amorce un dégonflement. Enfin! Nous espérons voir le bout du tunnel et que bientôt ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir…

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Yolande Poitevin
2 mois il y a

Bonjour et merci Gwen pour ces nouvelles rassurantes… J en fais part à Fabian et sa classe.
Bon courage à vous 6..et bonne continuation
Amicalement de St Germain de la rivière

Yolande Poitevin
2 mois il y a

Bonjour
Pas de nouvelles de Gwen….. Nous espérons que tout va bien ????

Administrateur
Gwen(@admin6926)
2 mois il y a
Répondre à  Yolande Poitevin

Bonjour Yolande,
Oui, ça va mieux après plusieurs traitements antibiotiques en association, ma main a fini par dégonfler et l’infection se résorber. Il faut compter 3 semaines pour que tout se remette en place complètement.
Gwen

Top Marie
3 mois il y a

Bravo à tous !!! Aristide grandit. Que de beaux animaux à voir… Léopold doit être ravi ! Bisous les amis !!!

Fran Cois
3 mois il y a

Plus je lisais l’article et plus je me disais cool une semaine tranquille…Eh bah non ! J’aurai une question : où Gwen est-il allé mettre sa main ? … Allez courage les amis…profitez du beau temps ici l’automne est là !

Muriel
3 mois il y a

Tous nos vœux de prompt rétablissement à Gwendal pour poursuivre bientôt cette belle aventure !

Dussutour
3 mois il y a

Oh plus je vous lis et plus je suis impressionnée par votre courage. Vos récits sont très émouvants et nous plongent dans votre réalité!.. Nous souhaitons un très bon rétablissement à Gwen et avons hâte d’avoir de bonnes nouvelles à son sujet. Bon courage. Famille DUSSUTOUR

Votre caviste 🥰🙏🍹🍷🍻
3 mois il y a

Ou la la quelle aventure, Tulum fait rêver (sauf les bêtes 😂😱David et Jonathan n’ont pas l’air très sympas😂) les paysages, l’histoire 🙏🥰. Mon petit chéri déjà propre, à ce rythme vous allez revenir avec un ado🤣😜.
La dernière partie fait moins rêvez et du coup on a mal pour Gwen😳 (a mon avis un manque de levé de coude😂😂ou de pratique de lego🤔🤣 lol) j’espère que tout est rentré dans l’ordre ?😳. Gwen est un guerrier 💪😁
Bisous à vous 6, prenez soin de vous et continuez à nous faire rêver et voyager mais sans infection svp😜🙏
😘😘😘😘😘😘

Chudziak
3 mois il y a

Grosse pensée pour Gwen, impressionnant cette main. Des bises à tous les 5 et félicitations à Aristide

Joseph
3 mois il y a

Coucou les aventuriers, superbe récit je m’évade avec vous à chaque lecture c’est formidable. Bravo Aristide tu deviens un grand garçon comme Arsène et Raphalou nous parlons souvent de toi à la MAM (pourquoi pas tenter une connexion live avec votre aide )
Bon courage à Gwen j’espère que tout va bien se passé. Je vous embrasse prenez bien soin de vous.
Tchao les gringos
Sandrine