A propos, Amazonie, Equateur

La jungle amazonienne

Du 4 au 8 février

Nous avons donc pris le bus de Quito pour Lago Agrio, première étape de notre périple en Amazonie. Les fortes pluies récentes ont provoqué des éboulements, le trajet nous fera dévier et nous arriverons finalement dix heures de route plus tard. La nuit suivante fut courte dans un petit hôtel sans prétention. Nous avons rendez vous avec notre organisateur à 7h15 pour nous emmener à la pirogue. Nous remercions Sol et Pablo de Canangueno Lodge pour leur aide et leur accueil.

Bien évidemment, les horaires équatoriens étant ce qu’ils sont, nous ne partirons finalement qu’à 8h30. Le bus étant retardé, nous prenons le temps d’acheter quelques « croissants » ainsi que des cafés et chocolats chauds. Devant le café ou nous déjeunons, un marchand ambulant propose des remèdes sur mesure avec des plantes. Nous sommes étonnés de voir le nombre de personnes demander diverses formules médicinales. Des camions, des voitures, des taxis s’arrêtent en bord de route, des personnes de tous âges, toutes conditions sociales. Manifestement, les traitements médicinaux ont beaucoup de succès !

Le bus nous emmène donc au bord d’un bras de la rivière Amazone en une heure et demi. Alors même que nous en descendons, nous apercevons déjà quelques pirogues qui stationnent. Des personnes sont en train de charger les vivres.

Nous ne sommes pas les seuls touristes à être présents, mais les autres voyageurs se rendent dans d’autres lodges. Nous montons donc dans notre pirogue avec notre guide et l’organisateur du tour. Le bateau tangue, nous mettons nos gilets de sauvetage. L’aventure peut commencer. L’ambiance est déjà particulière et le bruit de la forêt nous absorbe. Nous sommes étonnés des températures assez douces, pas de chaleur excessive et un ciel assez couvert. Les odeurs sont merveilleuses, odeurs de sous bois, de miel, de fleurs… Un voyage par tous les sens se dessine !

Nous faisons donc connaissance sur la pirogue avec Neiser, notre guide. Et on peut dire que le courant passe immédiatement. C’est un passionné et un acteur important pour la sauvegarde de la forêt. Son association ici: https://amazonshepherd.com/

Il nous emporte dans sa passion pour cet écosystème si fragile. Les trois heures de pirogue passent vite. Nous voyons des aras, des oiseaux préhistoriques, des arbres de vie, des singes moines et nous avons même la chance d’apercevoir un dauphin rose. Expérience très rare à cette période de l’année car le niveau de l’eau est très bas. Les enfants sont fous de joie, on ne l’espérait pas. La pluie fait son apparition au milieu du trajet. Heureusement, nous avons des ponchos très couvrants. Aristide s’endort bercé par les remous et le bruit de la pluie.

Arrivés au lodge à 14h30, nous déjeunons tout de suite et nous installons dans nos bungalow. Ici, le confort est minimal. Pas d’eau chaude, l’eau de la douche est l’eau de la rivière entre jaune et marron, et le débit est quasiment inexistant. Pas d’électricité la journée, le soir uniquement de 18h à 21h, et un wifi à peine suffisant pour lire nos mails et messages. Bienvenue dans la jungle !

Ici, nous passons beaucoup de temps à écouter les bruits de la forêt qui sont assourdissants.

La jungle, la nuit !
Chant du Tisserand

Dès notre arrivée, les enfants partent à la découverte du jardin. Nous nous laissons aller à la contemplation de ce lieu incroyable. Des magnifiques papillons bleus, les morphos virevoltent, des tisserands poussent leur cri particulier.

Nous avons rendez-vous avec notre guide à 17h30 pour notre première sortie nocturne en pirogue. L’objectif est d’apercevoir des caïmans, quasiment invisibles le jour. La nuit, grâce aux lumières, on aperçoit leurs yeux briller, deux points rouges immobiles. Le soleil est sur le point de se coucher et nous partons à la découverte de la rivière. Nous voyons encore quelques oiseaux dont l’oiseau serpent qui plonge dans l’eau et se déplace dans l’eau à la manière d’un serpent. On reste un moment à admirer des chauves souris qui pêchent à la nuit tombée en groupe. Nous ne tardons pas à trouver les premiers caïmans. Il en existe différentes espèces, le caïman noir, le caïman à lunettes et le caïman nain. Nous tombons nez à nez avec un bébé de quelques mois. Le pilote de la pirogue décide de le déplacer plus près du lodge, là où il risque moins de se faire manger par les hérons, ses plus grands prédateurs. Nous profitons de cette opportunité pour le prendre dans nos mains, sensation froide et saisissante. Le pilote de la pirogue fait partie de la communauté qui nous accueille au lodge. Il est né dans la forêt et s’occupe de la sauvegarde des espèces.

Les jours suivants se succèdent en diverses activités. Nous découvrons la jungle de jour, au cours d’une balade de plus de trois heures. Le soir, nous explorons la vie nocturne des animaux, au cours de la balade nocturne, on aperçoit d’abord un opossum qui semble aussi surpris que nous, des fourmis balle de fusil dont la morsure est aussi douloureuse qu’une blessure par balle, divers oiseaux, plein d’araignées dont une araignée banane, très venimeuse, un tegu (lézard géant), des grenouilles dendrobates, des crapauds perlés, des phasmes, des sauterelles géantes, un bébé mante religieuse… Bref, pas mal de petites bébêtes sympathiques. D’ailleurs Gwen et moi avons fait les frais d’une attaque de fourmis. Aïe, Aïe, Aïe… De cette balade, nous avons également ramené des passagers clandestins, des acariens qui vont nous rendre pénible la suite de notre séjour. 4 d’entre nous vont se réveiller avec des dizaines et des dizaines de piqûres. Grrrrr…

Le troisième jour, nous passons une journée inoubliable dans le lagon, quasiment à sec à la recherche d’un anaconda. Nous marchons dans une sorte de gadoue, de glaise très glissante, nous traversons à pied des bras de rivière à l’affût du moindre mouvement. Nous croisons des colonies d’aigrettes, des hérons, des caïmans. Et finalement, notre guide repère un anaconda de près de 3 mètres dans un point d’eau. Ni une, ni deux, les garçons s’approchent, Naïser le fait sortir de l’eau à l’aide d’un bâton. Léopold et Marius s’approchent rapidement, ils veulent l’attraper. Nous avons le feu vert du guide, Léopold attrape la tête, Marius la queue, Elouan porte le corps. Ils obtiennent haut la main la médaille des aventuriers d’Amazonie. Ce n’est pas pas sans quelques appréhensions de ma part !

Après ce bel exploit, nous déjeunons sur la ligne équatoriale qui passe pas loin de là.

L’après-midi midi se passe à pêcher le piranha, un bâton, un fil de pêche, un fil de fer plié en forme d’hameçon et quelques morceaux de viande. Chacun pêche le sien, et nous mangerons ce soir là le fruit de notre pêche. En fin d’après-midi, nous repartons après avoir admiré un magnifique couché de soleil. Encore une journée inoubliable…

Au cours de notre séjour, nous avons aussi eu la chance de rencontrer le chaman de la communauté qui gère le lodge. Un vieux monsieur qui est la figure emblématique du village. Il passe un long moment à nous raconter son histoire, comment il est devenu chaman, comment il se sert des différentes plantes de la forêt pour soigner les gens. Il nous a parlé également de la substance qu’il utilise pour obtenir une sorte de transe. Cela lui permet d’ouvrir la puissance de son cerveau et d’entrer en communication avec la maladie de ceux qui viennent le voir. Il nous explique que pas mal d’Equatoriens et d’occidentaux viennent le voir pour soigner des tumeurs, des maladies comme le diabète, des cancers. Gwen en a profité pour faire un soin sur sa main encore douloureuse depuis son infection au Mexique, et Léopold aussi car il se plaint pas mal du dos, ce soin se fait en fouettant la zone douloureuse avec une plante qui ressemble à des orties. Il applique ensuite un onguent vert sur cette zone. Le chaman a également fait une démonstration sur moi du type de rituel qu’il effectue pour ressentir les énergies. Cette rencontre se passe dans sa hutte traditionnelle, faite de bois et d’un toit en palme. Le sol est en terre battue, un coin hamacs, des troncs d’arbre pour sièges et une table en bois.

Suite à cette rencontre, nous partons à la rencontre d’une famille qui vit dans ce village et qui nous montre comment ils fabriquent le pain de yucca (Le yucca c’est le nom qu’ils donnent au manioc).

On commence déjà par déterrer la racine de yucca et enlever la peau noire. Ensuite, nous nous rendons dans leur maison sur pilotis. La pluie tombe sans discontinuer dehors. On est heureux de se mettre à l’abri. Commence alors le travail du pain. Notre hôte coupe le yucca en morceaux sur une grande feuille de bananier. Il y a deux râpes artisanales que nous allons utiliser pour râper tout le yucca. Il nous faudra plus de 45 minutes à nous relayer, en essayant de ne pas se râper les doigts par la même occasion. La pulpe obtenue est gorgée d’eau, il faut l’essorer pour en sortir un maximum d’eau qui sert pour la préparation de la soupe. Le yucca est alors passé au tamis pour en obtenir une espèce de farine blanche. Le pain est préparé sur une grande plaque en fonte chauffée sur le feu de bois. La farine est déposée sans autre ingrédients. Elle s’amalgame en cuisant. Le pain de yucca est une galette de cette farine.

Après cette longue préparation, nous mangeons un repas typique. Une préparation à base de tomates, oignons et poissons que nous mangeons avec du riz, du pain de yuca et des bananes plantains cuites. On se régale avant de repartir en forêt pour rejoindre la pirogue… La pluie se calme enfin. Notre journée dans la communauté aura été bien remplie.

Le dernier jour arrive bien vite. Gwen et Elouan se lèvent aux aurores pour faire une dernière petite excursion dans la forêt. Dernières rencontres avec les toucans, les singes capucins, les singes moines, des perroquets à tête noire et à tête bleue. Après un bon petit déjeuner, nous mettons nos sacs dans la pirogue pour le trajet du retour. L’eau a beaucoup monté en quelques jours, l’amazone a changé de visage. On est à l’affût de toute forme de vie. Le capitaine aperçoit même un anaconda posé sur un tronc d’arbre. Nous venons de vivre une sacrée expérience dans ce lieu hors du commun.

On prend un bus pour Lago Agrio et décidons de rentrer directement à Quito pour la suite de notre voyage… Le bus est à 17h, arrivée dans la nuit à 3h du matin…

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Laurence Souron
3 mois il y a

Merci 🙏🏻 pour ces moments que vous nous partagez, on s’y croirait ! Bonne route pour la suite

Administrateur
3 mois il y a
Répondre à  Laurence Souron

Merci Laurence ! Ravi que ce récit te plaise ! On est en Équateur puis Pérou !

Ludivine
3 mois il y a

C’est incroyable à lire tant on s’y croirait ! Quelle aventure merveilleuse !!!! 😍 Merci de nous faire partager ces moments si forts.

Votre caviste 🍷🍻🥂🥰
3 mois il y a

Wahooooooo😍alors la j’avoue j’aime le livre mais celui ci est vraiment mon chapitre préféré 😜 Merci de nous faire voyager ainsi, c’est magique 🙏La beauté de cette forêt(les arbres 😍) les animaux (Bon Gaetan à dit en fait ils sont à la palmyre😂😂) le paysage quelle merveille et la rencontre avec le chaman on a l’impression d’être dans une parenthèse enchantée! L’Amazonie est le poumon de la Terre et vous êtes notre bouffée d’oxygène 🙏🥰
Vous êtes resplendissants et mon petit chéri a bien grandi 😍 et les garçons, non mais jouer avec un anaconda ce n’est pas commun😂😂😂😂Gwen superbes les prises de vue du drone dire qu’il nous a filmé à Fronsac et maintenant il est en pleine forêt Amazonienne!
Merci pour ce partage et pour ce beau voyage, continuez de nous faire rêver (là vous avez mis la barre très haute😜)
😘😘😘😘😘😘
P.S : les photos sont top, il y en a une où Séverine on dirait une pub comme on voyait dans les catalogues styles 3 Suisses🤣magnifique collection printemps- été😂

Joëlle Pontieux
3 mois il y a

Votre beau voyage continue de se dérouler avec toujours plus de découvertes plus extraordinaires Les unes que les autres. Entre l’anaconda ! Les enfants n’ont vraiment peur de rien !! Et cette belle rencontre avec le chaman, as-tu ressenti l’effet de ses mains, c’est une rencontre originale et bienfaisante, chacun ayant voulu en profiter. Cette forêt incroyable avec ces arbres si hauts dont on parle si souvent dans les médias, quelle chance d’y poser les pieds. J’ai essayé d’imaginer les senteurs et les différents sons comme tu nous l’expliques si bien. Votre voyage s’enrichit au fur et à mesure de vos excursions dans un lieu si différent qu’il est presque bizarre de vous savoir si loin. Très curieuse de connaître la suite de votre voyage, on pense très fort à vous. Gros baisers ❣️ 💋 ❣️